22.09.2009
Les trois webs

Trois territoires se distinguent sur Internet, chacun disposant de caractéristiques et de fonctions propres. Afin de faire efficacement circuler de l’un à l’autre l’information, et de déployer sur la toile sa communication, il est nécessaire d’en connaître les mécanismes et les cultures, les frontières et les jonctions. Il est impératif, pour chaque discours, de choisir l’espace adapté à son émission, et le meilleur véhicule pour sa transmission.
Le web documentaire
Statique et formel, il est un lieu de référence et d’archivage. Il remplit la fonction de référence et de mémoire du web. On y trouve des bases de données incroyables de richesse, et un nombre incalculable de ces sites froids, distants, où aucune communication effective n’est possible avec l’auteur, l’administrateur, aucune participation n’est proposée à l’internaute.
C’est souvent dans cette zone que se placent les sites corporate des entreprises, à tort. Pages statiques remplies de discours froids et ciselés sur l’entreprise, son marché, ses programmes, où aucune place n’est offerte à l’utilisateur.
Cet espace n’est pas celui de la vie, mais de la référence. Il est essentiel du web. Mais est-ce la place des entreprises ?
Le web de l’information
Dynamique et formel, il est un lieu de dépêches et d’articles, de productions professionnelles, de contenus définis n’ayant pas vocation à évoluer une fois publiés. C’est le lieu, essentiel, majeur, de la presse, des media, des contenus chauds, émis par des autorités professionnelles instituées.
Il joue un rôle de distribution, de référence, mais se voit sans arrêt remis en cause sur nombre de ses fonctions. Tout simplement par la remise en cause de l’espace qui lui est proche, et par la demande forte d’interactivité et de participation qui anime l’espace proche : le web social.
Le web social
Dynamique et informel, façonné par les individus, il est l’émanation des discours et des multiples pratiques innovantes des espaces sociaux en ligne.
Le matériau de cette sociabilité est multiple. Son coeur est l’information. Information légère, souvent, partagée, émise dans des millions d’endroits et sous de multiples formes. Dans les blogs, sur des forums, sur des réseaux sociaux, dans toutes ces nouvelles pratiques que les internautes réinventent chaque jour à partir des outils qu’on leur propose. Ce sont les internautes qui utilisent twitter comme un réseau d’information rapide, ceux qui partagent leurs recettes sur un forum, leurs avis sur un produit ou décryptent librement un projet de loi sur des blogs.
Cet espace est un formidable moteur d’attention, d’alerte, d’échange. La foule connectée dispose de pouvoirs dont elle prend conscience. Mettre à l’agenda, corriger, imposer des angles, se mobiliser, rendre compte autrement…
Cet espace constitue un terrain d’observation et d’analyse, riche d’enseignements sur les tendances émergentes, les mécaniques de formation de l’opinion, un lieu qui ne n’appréhende pas comme tel mais à travers des problématiques définies, réactives et évolutives.
L’on pourrait faire une analogie, forcément caricaturale, d’Internet à l’offline :
- Le web documentaire » Les bibliothèques
- Le web informationnel » Les kiosques à journaux
- Le web social » Tous les autres espaces de dialogue et de circulation de l’information, les machines à café, les repas de famille, les coins de rue, les réunions Tupperware, les cafés, les théâtres…
Qui voudrait se cantonner dans les bibliothèques ? Qui ne voudrait profiter du potentiel de la rue ?
Trop souvent cantonnée aux deux premiers espaces, la communication corporate doit investir le web social, où la verticalité de l’information cède place à une horizontalité et une dispersion qui imposent de nouveaux réflexes. Une bonne appréhension de ce territoire démultiplie les opportunités de communication, lui ouvrant de nouveaux horizons.
13:29 Publié dans Multimedia | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : spintak


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